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Appel
à MM. les passagers qui montent à
bord d'un avion et à toutes les personnes
se trouvant à l'aéroport
Ne détournez pas la tête! Chers
passagers, Vous êtes en route pour des raisons professionnelles, vous allez en vacances ou vous attendez l'arrivée d'amis ou de votre parenté. Voyager fait partie de notre mobilité et donc de notre liberté. Le monde est ouvert à tous ceux qui ont l'argent nécessaire. Y a -t-il des passagers " de force" à bord? -t-il des passagers " de force" à bord? Aussi dans les aéroports allemands on trouve le revers de cette médaille: Des gens qui ont cherché refuge en Allemagne sont refusés et expulsés. Il est bien possible qu'il y ait dans votre avion des passagers qui voyagent contre leur gré. Quelques fois ils ou elles volent vers une destination où une situation incertaine voire dangereuse les attend. Certains ou certaines montent avec un air impassible dans l'avion, d'autres sont apathiques et passifs - souvent suite à des tranquillisants qu'on leur a administrés avant le vol.Mais il y a aussi ceux ou celles qui pleurent et ceux ou celles qui se défendent. Ils crient, essayent de se jeter sur le plancher pour briser leurs fers. Nous vous supplions: Ne détournez pas la tête, ne fermez pas les yeux quand vous êtes témoins de tels incidents. Ce texte contient quelques informations importantes et des conseils concrets pour votre comportement face à une telle situation. Emploi de force avec des conséquences néfastes Les états européens ne sont pas d'une grande sensibilité quand il s'agit de mettre en pratique des expulsions - même en destination d'états où les violations des droits de l'homme sont chose courante. Des menottes, des fers, des rubans adhésifs, des baillons, des casques- un arsenal rappelant en partie les instruments de torture au Moyen Age. Il y a peu de temps, le casque intégral pour motocyclistes faisait partie de l'équipement pour l'expulsion de personnes "récalcitrantes." Le public a appris cet état de chose par la mort du citoyen soudanais Aamir Ageeb à bord d'un avion de la "Lufthansa" le 29.05.1999. Il nous semble fort possible que le casque intégral ait causé sa mort lorsque, pendant le décollage de l'avion, des policiers frontaliers allemands lui ont poussé la tête vers le bas probablement dans l'intention de l'empêcher de se faire remarquer. En général, des reproches contre des policiers frontaliers allemands concernant des maltraitances lors des expulsions ne sont pas rares: En mai 1997 une femme a rapportée à Pro Asyl la" préparation " d'un citoyen algérien à l'expulsion de Berlin à Alger via Prague. Voici son témoignage: "Il a été ligoté et, a partir de la moitié inférieure de la tête, enveloppé dans des bandes adhésives marrons. On l'a transporté comme un sac de farine." La citoyenne ivoirienne Tina T. reproche à des agents de la police frontalière d'avoir procédé brutalement lorsqu'ils essayaient de l'expulser vers la fin du mois de Septembre 1996 en employant des menottes en acier et des rubans adhésifs. En plus, ils auraient tiré si violemment sur sa main que celle-ci fut fracturée. Cependant, la mort d'Aamir Ageeb ne resta pas sans conséquences. Le ministre de l'Intérieur a stipulé dans un décret la maxime suivante pour les policiers frontaliers: "Pas d'expulsion à tout prix!" En plus, il décrit des procédés qui sont absolument interdit aux policiers. Qui est expulsé où? A cause de la réduction dramatique du droit d'asile, il n'y a pratiquement plus de restrictions concernant les expulsions. Elles se pratiquent dans des pays où sévit une guerre civile, dans des régions ravagées par une catastrophe, et, bien sûr, dans des pays où la dictature et les tortures sont notoires. Même des personnes âgées et malades sont refoulées.
Ainsi , un médecin de l'office de santé de Germersheim (Palatinat) a constaté de graves dérangements psychiques chez un réfugié refusé qui pourraient dégénérer en symptômes d'angoisse et en tentatives de suicide en cas d'une expulsion. Pour remédier à un tel obstacle, il fait les propositions suivantes (il n'est pas du tout question de renoncer au refoulement):
Des personnes à expulser sont normalement tenues à l'écart des autres clients. Non seulement on cherche à épargner aux voyageurs payants la vue des "voyageurs de force", mais encore on veut éviter tout contact entre les deux groupes. Si l'on attend une résistance du côté de la personne à expulser, celle-ci sera accompagnée par des policiers frontaliers. Puisque des personnes à refouler se sont défendues avec succès et y ont été soutenues par d'autres passagers, les états ouest-européens ont de plus en plus souvent recours à des avions charter loués uniquement pour faire des refoulements. Ainsi, pendant la première moitié des années "90", beaucoup de réfugiés provenant de la Roumanie et de la Bulgarie ont été expulsés par des vols charter réalisés par des compagnies aériennes est -européennes. Ces vols furent, malgré leurs prix "dumping", une vraie aubaine pour ces compagnies. Depuis assez longtemps déjà, la France et la Belgique, par exemple, organisent ensemble des vols charter pour des expulsions en Afrique francophone. Pour des compagnies aériennes qui tiennent à leur réputation d'offrir confort et sécurité à leur clientèle, le transport des personnes refoulées constitue un vrai problème. On n'aime pas recevoir des plaintes du côté des passagers qui s'épouvantent en voyant des êtres humains ficelés comme un paquet être conduits dans l'avion. Des capitaines de ces compagnies ont refusé plusieurs fois un tel fret. Les "incidents" mortels lors des expulsions pendant les premiers mois de l'année 99 ont fait réfléchir les compagnies aériennes et les syndicats concernés. Ainsi la compagnie SABENA ne participe pas, jusqu'à nouvel ordre, à des expulsions. Le syndicat qui représente 90 pour cent du personnel avait appelé ses membres à refuser toute collaboration à des refoulements. La SWISSAIR refuse, elle aussi, le transport d'étrangers récalcitrants. Qui a le pouvoir de décision à bord d'un avion? La réponse du gouvernement fédéral à une interpellation parlementaire fut clair: Des policiers sont, depuis le début du décollage d'un avion, des passagers comme tout le monde. Il est dit textuellement: "Les compétences policières se terminent lors de la fermeture des portières de l'avion". Donc le capitaine est le seul et unique détenteur du pouvoir à bord d'un avion sans aucune restriction. Toute activité exercée par d'autres personnes, aussi par des policiers, doit être autorisée par le capitaine. Cependant la compagnie "Lufthansa" n'est pas de cet avis. Ici, on continue de penser que les policiers à bord ont des pouvoirs exécutifs et sont donc autorisés à employer la force. Selon un porte-parole de cette compagnie, "le capitaine doit pouvoir compter sur les compétences des policiers qui agissent correctement selon les lois d'un état de droit." Il ne peut pas dire autre chose car si les policiers frontaliers allemands dans les avions de la Lufthansa étaient dépourvus de leur "auréole" de représentants du pouvoir d'état, de plus en plus de passagers pourraient protester contre le traitement des personnes à expulser. Dans certains cas, des passagers ont réussi à ce que les entraves fussent enlevés lors des expulsions hors de l'Allemagne. Selon notre connaissance, ces passager n'ont pas été poursuivis juridiquement. Que pouvez vous faire en tant que passager d'un avion qui transporte des personnes à expulser?
Après la mort du citoyen soudanais Aamir Ageeb lors d'une expulsion par voie aérienne, le ministère fédéral de l'intérieur a interdit par décret du 25.juin 1999 certaines pratiques exercées lors des expulsions. Des passagers voulant intervenir devraient en être au courant. Il est interdit d'employer, et cela sans aucune exception
En cas d'emploi de force physique, il faut faire attention à ce que le buste de la personne à expulser
Translation : Herbert Flesch |
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